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R3TA, tirzépatide, sémaglutide : quelles différences ?

Un, deux ou trois récepteurs : ce qui distingue les trois générations d’agonistes étudiées en métabolisme.

5 min de lecture Mis à jour le Par l'équipe PeptidLab

Sémaglutide, tirzépatide, R3TA : ces trois peptides appartiennent à la même famille, celle des agonistes des récepteurs des incrétines. Ils sont au cœur de la recherche sur la régulation du métabolisme, de l’appétit et du poids. Ce qui les distingue tient en une question : combien de récepteurs activent-ils ?

Les incrétines, point de départ

Après un repas, l’intestin libère des hormones appelées incrétines. Les deux principales sont le GLP-1 (glucagon-like peptide-1) et le GIP (glucose-dependent insulinotropic polypeptide). Elles stimulent la sécrétion d’insuline en fonction du taux de sucre dans le sang, et le GLP-1 ralentit la vidange de l’estomac tout en favorisant la sensation de satiété.

À l’état naturel, le GLP-1 est dégradé en quelques minutes par une enzyme, la DPP-4. Les analogues de synthèse sont modifiés pour lui résister : leur action dure beaucoup plus longtemps.

Sémaglutide : un récepteur

Développé par Novo Nordisk, le sémaglutide active uniquement le récepteur du GLP-1. Une chaîne d’acide gras lui permet de se lier à l’albumine du sang, ce qui prolonge fortement sa durée d’action. Il est autorisé comme médicament dans de nombreux pays.

Tirzépatide : deux récepteurs

Le tirzépatide active à la fois le récepteur du GIP et celui du GLP-1. On parle d’agoniste double. Lui aussi est autorisé comme médicament dans plusieurs pays.

R3TA : trois récepteurs

Le R3TA ajoute un troisième récepteur : celui du glucagon. C’est un agoniste triple, d’où son surnom de « R3 ». Les résultats de son essai de phase 2 ont été publiés en 2023 dans le New England Journal of Medicine, et il fait l’objet d’un programme d’essais de phase 3.

MoléculeRécepteurs ciblésDéveloppeur
SémaglutideGLP-1Novo Nordisk
TirzépatideGIP, GLP-1
R3TAGIP, GLP-1, glucagon

Pourquoi ajouter le récepteur du glucagon ?

Le glucagon est surtout connu pour faire remonter la glycémie. Mais son récepteur intervient aussi dans la dépense énergétique et dans l’utilisation des graisses par le foie. L’hypothèse étudiée avec le R3TA est d’associer ces effets à ceux du GLP-1 et du GIP, qui compensent l’action du glucagon sur la glycémie.

Ce qu’il faut retenir

  • Les trois molécules imitent des hormones intestinales, les incrétines.
  • Le sémaglutide cible un récepteur, le tirzépatide deux, le R3TA trois.
  • Le R3TA est le plus récent ; il est encore étudié en essais cliniques.
  • Pour la recherche, sa pureté se vérifie par HPLC et son identité par spectrométrie de masse : voir notre guide pour lire un certificat d’analyse.

Fiche technique

Sémaglutide
1 récepteur : GLP-1
Tirzépatide
2 récepteurs : GIP et GLP-1
R3TA (rétatrutide)
3 récepteurs : GIP, GLP-1 et glucagon
Rythme publié
Une injection par semaine pour les trois molécules
Statut réglementaire
Sémaglutide et tirzépatide autorisés ; rétatrutide en phase 3

Ce que dit la recherche

Résumé des données publiées, rédigé par l'équipe PeptidLab. Il décrit des molécules étudiées en laboratoire ou en essai clinique : rien ici n'est une indication d'usage.

  1. 2021Phase 3N Engl J Med

    STEP 1 (sémaglutide 2,4 mg) : perte de poids moyenne de 14,9 % à 68 semaines, contre 2,4 % sous placebo.

  2. 2022Phase 3N Engl J Med

    SURMOUNT-1 (tirzépatide) : jusqu'à 20,9 % de perte de poids à 72 semaines avec 15 mg, contre 3,1 % sous placebo.

  3. 2022PrécliniqueCell Metab

    Découverte du rétatrutide (LY3437943) : chez l'animal, l'ajout de l'agonisme du glucagon augmente la dépense énergétique en plus de la baisse d'appétit.

  4. 2023Phase 2N Engl J Med

    Rétatrutide chez 338 adultes obèses ou en surpoids : jusqu'à 24,2 % de perte de poids à 48 semaines avec 12 mg, contre 2,1 % sous placebo.

Ces chiffres viennent d'essais différents, avec des populations, des doses et des durées différentes : ils ne se comparent pas directement.

Sécurité : ce que rapportent les études

  • Pour les trois molécules, les effets indésirables les plus fréquents sont digestifs et augmentent avec la dose.
  • Dans l'essai de phase 2 du rétatrutide, une hausse de la fréquence cardiaque dépendante de la dose a été observée, plus marquée vers la 24e semaine.

Sources

Liens vers PubMed ou vers le document d'origine. Articles en anglais.

  1. Wilding JPH et al. Once-Weekly Semaglutide in Adults with Overweight or Obesity. N Engl J Med, 2021. PubMed
  2. Jastreboff AM et al. Tirzepatide Once Weekly for the Treatment of Obesity. N Engl J Med, 2022. PubMed
  3. Coskun T et al. LY3437943, a novel triple glucagon, GIP, and GLP-1 receptor agonist for glycemic control and weight loss: from discovery to clinical proof of concept. Cell Metab, 2022. PubMed
  4. Jastreboff AM et al. Triple-Hormone-Receptor Agonist Retatrutide for Obesity — A Phase 2 Trial. N Engl J Med, 2023. PubMed

Mis à jour en octobre 2026.

Questions fréquentes

Le R3TA est-il plus récent que le tirzépatide ?

Oui. Le sémaglutide cible un récepteur, le tirzépatide deux, et le R3TA, plus récent, trois : GLP-1, GIP et glucagon.

Qu’est-ce qu’un agoniste ?

Une molécule qui se fixe sur un récepteur et l’active, en imitant l’action de l’hormone naturelle.

Pourquoi appelle-t-on le R3TA « R3 » ?

C’est un surnom courant, en référence à ses trois récepteurs cibles. On rencontre aussi « reta », ou la déformation « ratatouille ».

Ce guide a une vocation informative et scientifique. Les produits PeptidLab sont destinés exclusivement à la recherche en laboratoire et ne sont pas destinés à la consommation humaine ou animale.

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