Le Snap-8 est l’acétyl octapeptide-3. C’est un allongement de l’hexapeptide souvent appelé Argireline : huit acides aminés au lieu de six, avec un groupe acétyle qui le rend plus stable dans une formule. On l’étudie comme ingrédient cosmétique, sur les rides d’expression, par un effet décrit sur la libération de neurotransmetteur à la jonction entre le nerf et le muscle. Tout le dossier technique parle d’une crème. Il ne parle pas d’une seringue.
Le malentendu vient d’un pourcentage. Le fabricant part d’une solution qui contient déjà seulement 0,05 % de peptide. Incorporer 3 à 10 % de cette solution dans une crème donne environ 0,0015 à 0,005 % de peptide pur dans le produit fini. Le « 10 % » n’est pas 10 % de poudre, et ce n’est pas non plus la fiole de 10 mg versée telle quelle dans un pot.
Le schéma, sur 28 jours
- Reprendre les 10 mg dans 20 mL. On obtient 0,5 mg/mL, soit une solution à 0,05 %, du même ordre que la solution commerciale du dossier.
- En prendre 3 à 10 % et les incorporer dans la base, crème ou gel, en mélangeant sans chauffer fort : un peptide ne se cuisine pas.
- Appliquer matin et soir, sur peau propre, pendant 28 jours, sur la zone étudiée. Laisser sécher.
Aucun essai publié n’administre cet octapeptide par injection. La fiche protocoles s’arrête donc à la préparation et à l’application. Les cinq gestes d’injection des autres peptides ne figurent pas ici, volontairement.
Ce que 10 mg permettent de préparer
10 mg de peptide pur dans 20 mL, c’est la solution-mère. Si l’on en met 5 % dans une crème, 20 mL de solution donnent de quoi préparer 400 mL de crème à environ 0,0025 % de peptide. On n’a pas besoin de ce volume pour un essai de contour de l’œil : on prépare un petit lot, on note la date, et on garde le reste de solution au froid, entre 2 et 8 °C, à l’abri de la lumière.
Un petit lot, pas un pot de 400 mL
Pour un essai sur une petite zone, quelques grammes de crème suffisent. On pèse la base, on ajoute le pourcentage de solution, on mélange à froid, on étiquette le pot avec la date et le pourcentage. Le reste de solution-mère retourne au réfrigérateur. On ne garde pas une crème entamée des mois : 28 jours est déjà la durée de l’évaluation, pas une date de péremption à dépasser.
La fiole : Snap-8, 10 mg. Pour un autre peptide étudié sur la peau, voir le guide GHK-Cu. Ce n’est pas la même molécule, et les pourcentages ne se recopient pas de l’un à l’autre.
Questions fréquentes
Snap-8 s’injecte-t-il comme les autres peptides ?
Non. Le dossier et les essais disponibles sont cutanés. La fiche ne donne pas de volume sous-cutané.
Le « 10 % » veut dire 10 mg dans la crème ?
Non. 10 % désigne la part de solution commerciale déjà dosée à 0,05 % de peptide. Le peptide pur dans la crème finit autour de 0,0015 à 0,005 %.
Pourquoi 20 mL et pas 2 mL ?
Pour tomber sur 0,05 %, la concentration de la solution du dossier. 10 mg dans 2 mL feraient 5 mg/mL, soit 0,5 %, dix fois plus. Ce n’est pas la formule décrite.
28 jours, et après ?
C’est la durée de l’évaluation citée dans le dossier technique. La fiche ne la prolonge pas et n’en fait pas un traitement.
Fiche technique
- Nom cosmétique (INCI)
- Acetyl octapeptide-3
- Séquence
- Ac-Glu-Glu-Met-Gln-Arg-Arg-Ala-Asp-NH2 (8 acides aminés)
- Masse molaire
- Environ 1 075 g/mol
- Famille
- Extension de l'hexapeptide Argireline
- Usage
- Ingrédient cosmétique en application cutanée
Ce que dit la recherche
Résumé des données publiées, rédigé par l'équipe PeptidLab. Il décrit des molécules étudiées en laboratoire ou en essai clinique : rien ici n'est une indication d'usage.
2002PrécliniqueInt J Cosmet Sci
L'Argireline, l'hexapeptide dont dérive le Snap-8, interfère avec la libération de neurotransmetteurs et réduit la profondeur des rides d'expression dans une étude cosmétique.
Les données propres au Snap-8 proviennent surtout du dossier technique du fabricant : elles n'ont pas fait l'objet d'essais publiés dans des revues scientifiques.
Sécurité : ce que rapportent les études
- En application cutanée, les peptides de cette famille sont utilisés en cosmétique avec une bonne tolérance. L'injection n'a jamais été évaluée.
Sources
Liens vers PubMed ou vers le document d'origine. Articles en anglais.
- Blanes-Mira C et al. A synthetic hexapeptide (Argireline) with antiwrinkle activity. Int J Cosmet Sci, 2002. PubMed
Mis à jour en octobre 2026.
Ce guide a une vocation informative et scientifique. Les produits PeptidLab sont destinés exclusivement à la recherche en laboratoire et ne sont pas destinés à la consommation humaine ou animale.
